C'est occupé !

À l’origine des représentions dans les théâtres, des spectacles musicaux, des livres, des expositions et de toute notre vie culturelle, il y des autrices, des auteurs, des artistes qui ont créé ces œuvres. Pourtant, celles et ceux qui prennent le risque de la création et sans lesquels rien n’existerait, sont les éternels oubliés des politiques culturelles.
En cette période de crise sanitaire, les dispositifs d’aide ignorent 90% des artistes-auteur·trices et organisent de grandes disparités selon les secteurs de création.

Nous demandons la remise à plat des aides afin que celles-ci bénéficient au plus grand nombre,

Nous demandons la réouverture de tous les lieux de culture,

Nous demandons la mise en place d’un dispositif de sécurisation de nos parcours professionnels,

Nous demandons une politique culturelle ambitieuse et démocratique pour qu’enfin les artistes-auteurs et autrices ne soient plus les parents pauvres de la culture.


Notre LETTRE ouverte au Ministre de l'Économielettre.ouverte.lemaire.pdf
et notre APPEL à images ► ici !

Résister c’est créer

Avec le confinement on a vu fleurir des banderoles et des drapeaux aux balcons, des messages aux fenêtres, d’autres ont étés projetés sur les murs des voisins, on a applaudi, on a tapé sur des casseroles à heures fixes. Il y a eu aussi des manifs de playmobils et des cortèges de 1er mai virtuels (j’ai pu manifester à Nantes et au pôle nord). Nous tenons depuis, des assemblées virtuelles pour poursuivre les débats et des actions à distance pour préparer ce qui est appelé « le monde d’après ».

Les Réseaux sociaux ont tourné à plein régime et, finalement, toutes les actions du monde réel n’ont étés vues que par la fenêtre numérique puisqu’il n’y avait plus personne dans les rues. Sans doute que ce temps de captivité aura permis d’essayer d’autres manières de militer et d’agiter.

« Ce monde d’après » nous y sommes. C’est devenu le monde de maintenant. Et nous avons plein d’idées pour l’occuper… Mais nos adversaires aussi, et ils n’ont pas le même objectif… Alors, comment on fait ? ». Quelles formes d’actions heureuses pour créer un rapport de force suffisant ? Un syndicat sert aussi à ça : inventer les formes qui vont porter les exigences. Des manifs de balcons dans la rue, des porte-voix qui applaudissent, des blocages de musées déguisés en playmobil, etc. Qu’importent les moyens tant que c’est joyeux et inventif. Après tout, au Snapcgt on a une banderole qui revendique « Comment lutter sans se faire chier ! ». Si ce qui est virtuel est à l’état de simple possibilité, alors, concrétisons le collectivement et avec du désir : transformons le monde réel !

Le monde d’après est dépassé, inventons le présent.

Bruno & Clément

Formes des luttes

Formes des luttes est un collectif autonome, réparti un peu partout en France, né au lendemain de la manifestation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites. Un groupe de graphistes et d’artistes ont mutualisé leurs énergies au service d’un désir : offrir des images heureuses et signifiantes aux mouvements de contestations populaires (à voir sur formesdesluttes.org).
Diffusions d’autocollants, créations de banderoles pour des manifestions ou pour un référendum spontané contre le 49.3 au dessus du périphérique, expositions pour récolter des ronds et participer aux caisses de grèves, etc.

La combinaison des réseaux sociaux et d’actions bien réelles permet de diffuser et partager les messages et le plaisir d’agir ensemble. Créer, se retrouver et partager renforce le désir de l’action collective.

Militer sans se faire chier quoi…

Ce sont les plus précaires qui trinquent !

Pour une solidarité inconditionnelle entre travailleur·ses précaires

Assigné·es au travail ou économiquement fragilisé·es par le confinement, la crise sanitaire du COVID19 a démontré une fois encore qu’en période d’incertitude, ce sont les plus précaires qui trinquent.

Nombreux sont celles·eux qui n’entrent pas dans les petites cases de l’administration et qui ont dû se débrouiller. Chômeur·ses, personnes en situation de handicap, intérim, CDD et contrats annulés ou non renouvelés, ils·elles ont su malgré tout créer un élan de solidarité par des méthodes renouvelées. C’est le cas de travailleur·ses du sexe qui ont activement participé aux collectes et distributions tandis que toute aide de l’État leur était refusée.

Les prostitué·es de rue ou indoor, auteur·rices, acteur·rices porno, modèles érotiques, accompagnant·es sexuel·les sont en retour discriminé·es et écarté·es de certaines solidarités militantes. Le travail du sexe (TDS) reste tabou, occulté, oublié ou nié comme une activité professionnelle. Ce déni catégorise en victimes immatures des personnes farouchement en lutte, le plus souvent solidaires des mouvements sociaux, égalitaires, populaires.

La précarité et l’isolement des TDS, dont le soutien est criminalisé, est accentuée de ce rejet de solidarités. La lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains, contre le patriarcat et le capitalisme, passe par l’accueil inconditionnel de toutes les personnes, sans jugement de leurs motifs ou de leurs choix de vie.

Bienvenu·es parmi nous sont les plasticien·nes indépendamment des formes de leurs pratiques ou de leurs activités connexes. Le SNAPcgt porte ce débat pour un tel accueil au plan fédéral et confédéral.

Nous pensons qu’une Sécurité Sociale Totale, Intégrale serait un moyen de sortir de toute activité imposée, subie, faisant place aux exercices professionnels volontaires.

Hélène & Pierre

Violences policières

« J’ai été frappé sciemment, alors que j’étais bien identifié par ce policier comme photographe. Je sais que d’autres photographes ont été frappés au cours des échauffourées. Il ne faut pas l’accepter. »

Pierre Ciot, Président de la Saif,
Société des Auteurs de l’image fixe,
et Journaliste-Auteur Photographe
pcdmq.blogspot.com/2018/11/manif-gazee-photographes-matraques.html

L’Hôpitard

La gestion catastrophique de la crise du covid-19 a révélé l’importance des travailleur·ses des services publics et des métiers de première nécessité, mais aussi des travailleur·ses bénévol·les (fabrication de masques en tissus, visières, livraisons de paniers solidaires…) et enfin, ne l’oublions pas, des travailleur·ses des arts : sonores, vidéos, visuels…

Il est temps de donner des conditions décentes à tou·tes ces travailleur·ses sans lesquels·elles notre société ne fonctionne pas.

Aujourd’hui, le « méprisident » propose une médaille accompagnée d’une prime défiscalisée, et si il·elles veulent une augmentation, il faudra travailler plus longtemps, il aura saisi l’opportunité de porter un coup à la sécurité sociale et au code du travail sans offrir plus de droits au personnel soignant, malin. Rejoignons l’appel lancé par les soignantes baslesmasques.co pour construire un mouvement populaire, lisons, signons et partageons : blm-artsetculture.fr

Clément

Confinées mais toujours pas prêtes à se taire

Être enfermé·e chez soi tout juste après le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, journée à prendre la rue et à être ensemble, c’est rude.

C’est à la suite d’un 8 mars, en 2019, et de l’organisation d’une manif non-mixte à Nantes, que le collectif Féministes Révolutionnaires nantais (FemRev de son petit nom) est né, sur des bases d’un manifeste antisexiste, anticapitaliste, antiraciste et écologique. Un an plus tard, nous voilà confinées : seul·e chez nous, mais ensemble sur les réseaux. Avec ces outils numériques, on s’organise autrement. On se forme, on parle politique, on écrit des textes, on crée des images. Il y a du boulot, car ce confinement décuple les problématiques féministes « habituelles » : travail domestique, IVG, droits des travailleuses, violences intra-familiales, violences policières…

Dans nos périmètres restreints, la lutte prend également une autre forme.
Il faut repenser les échelles, lutter de sa fenêtre et avec ses voisin·es.

Les militantes de FemRev ont particulièrement travaillé à informer les femmes victimes de violences conjugales et les personnes LGBTQI+ confinées dans des environnements toxiques. On diffuse, sur les murs de nos quartiers, devant les supérettes, les boulangeries, des affiches regroupant les ressources possibles pour les victimes, de l’écoute téléphonique à la mise à l’abri. Souvent, on se retrouve même à informer des pharmacien·nes un peu démuni·es face à leur rôle temporaire d’accueil et d’orientation.

Ces affichettes ont aussi eu un écho particulier sur Facebook, repartagées des centaines de fois et remaniées ici ou là au gré des besoins locaux. La boucle est bouclée.

Hélène